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[POESIE] Quelques lignes jetées en vrac...
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ouatshaout
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MessagePosté le: Jeu 12 Juil 2007 - 11:34    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

quelques poèmes (?), écrits à la volée dans un cadre "particulier" et espacé dans le temps, ceci explique certaines redondances de thème et l'incompréhension qui pourra vous saisir !! lol


Destructeur


L'érotisme latent, seul point de mire d'une vie passée dans la souffrance de l'âme, le conduit vers le chemin de la déraison, chemins tordus d'une haine farouche du conventionnel. Il est là, seul, et pourtant si bien entouré, paradoxe zodiacal enivrant les pensées impures, points de ruptures sociaux d'un être improbable, il pousse la vicicitude à son paroxysme.

Petit animal anodin, capable de transmettre sans sonorité, d'influencer sans parole, de faire comprendre sans parabole, il est tapi, vautré dans la zone noire de l'âme des purs.

J'en ris de les voir si frêles et si pudiques, puritains d'une voix mal assurée, religieusement convaincu du bien fondé du dogme. Sans queue ni tête je poursuivrai cette lutte bruyante des pensées qui s'entrechoquent, bruissement malheureux des maux de l'Homme.

Je vous déteste, je vous exècre, je vous vomis et je vous aime, non, je ne vous aime pas, je vous désire, je veux tirer de vous la seule chose qui vous est précieuse, la seule chose qui soit valable et digne d'intérêt, l'aspirer puis partir, laisser ce monde peuplé de zombies sombrer inéluctablement, livré au sort de ses protagonistes insipides.

Je le voyais, ce petit être insignifiant et mortel, les yeux luisant de cette cruauté refoulée, garantie d'une frustration sans borne, de celles qui peut faire naitre le pire, antéchrist.

Il est là, tu ne le vois pas mais moi si, il me parle, tu peux le lire dans tes rêves, ceux qui ouvrent la porte de la terreur, tellement puissante qu'elle te paralyse l'esprit et te plonge dans un état de panique profonde que tu ne parviens pas à analyser. Non tu n'es pas seule, personne n'est seul et pourtant tout le monde n'est que le reflet de son égocentrisme inhérent à l'individualité de nos êtres.

Eternels hypocrites, condamnés à mort dès la naissance, voilà le cadeau que nous avons eu. La conscience...



Un et Un

Le paradoxe, se sentir poussé vers cette lumière qui ne nous veut pas. Etre attiré par l'idée de n'être qu'exceptionnellement banal. Evoluer entre ombre et joie, jamais en équilibre et lire dans les yeux des gens ce que l'on croit ressentir pour le monde.

Percevoir le pire de l'âme humaine et pourtant garder l'envie de l'aimer. Le paradoxe, cette pilule amère qu'on laisse fondre dans sa bouche jusqu'à la vomir un soir de misère.

Regarde au fond de toi le monde qui s'écroule, regarde devant toi les sourires des enfants. Le paradoxe est une force, elle détruit, elle domine, elle crée, elle est l'essence de vie, d'émotions vraies.

Derrière cette sensibilité se cache la peur et derrière cette peur, la force de la comprendre.

Le paradoxe t'offrira tes plus beaux combats, tes plus belles victoires, tes plus douces heures et tes pires cauchemars, mais c'est la vie qu'il t'offre au delà de la souffrance et des plaisirs, une vie pour observer, une vie pour agir, une vie qui ne changera rien mais qui aura existée. Vraiment.





Voyage


La perte.

L'irréversible. L'effroi. La compréhension. Le soulagement ? Refuser cette limite qui bride l'esprit, plonger dans la bulle et y rester jusqu'à fusionner. Découvrir enfin un univers complexe et vaste à explorer.


Je n'ai besoin de guide que pour me perdre, elle l'avait compris et nous accompagnera du haut de sa douce bienveillance pour ce voyage au travers des ondes.

Regarde le miroir et ferme les yeux.



Hop, la déraison rebondit sur le chemin de l'étrange, tiraillée par le rire et l'ignorance, hop, de gauche et droite l'âme saoule roule sans se lasser, ramassant pour chaque tour, un peu plus de frénésie et de curiosité.

L'ombre d'un doute derrière les paupières, leur tournant le dos, la mer noire en fond sonore, mes couleurs s'évaporent alors que je les laisse glisser de mes yeux clos.

Je me retourne et vois mes guides entrelacés, regardant cette lumière sombre qui crée l'obscurité.

Je ne suis pas, je ne suis plus, juste l'aboutissement d'une imagination rare, parasite cortical humanoïde - je suis dans le futur - j'en ai bien peur...





L'autre partie de ce monde

Le vent siffle entre mes doigts et me gifle le visage.

Ces forces contraires qui s'opposent perdent en intensité et je joins les mains pour les rassembler, les contempler dans leur fusion impossible, contrastes des couleurs fanées et explosives.

La porte d'un autre monde est franchie sans ciller, les forces amadouées m'encouragent à me perdre plus avant puis se disloquent en une gerbe effrayée.

Les songes m'attendent, devant moi les esprits s'agitent, le trouble devient réalité, ce monde est une immense volute, brassée comme un océan trop calme pour paraitre inquiétant. Un univers dénué de son, ou plutôt dénué de sens.

Je m'abandonne et laisse mes yeux s'ouvrir sur cette vision de l'abstrait, sans queue ni tête, sans objectif, sans tendresse et sans violence, juste une sensation qui s'insinue et me laisse un délicat goût d'étrange dans la poitrine.

Les âmes au loin, toujours pressées l'une contre l'autre, cherchent le passage vers l'absolu. Encore et toujours.



J'irai dégueuler sur vos tombes

Surtout ne pensez pas différemment des autres et ne souhaitez pas cultiver votre différence, Brazil n'était qu'un film qui a bâtit l'avenir de nos sociétés.

Envolez vous vous faire tirer. Les colombes ne sont plus qu'une armée de pigeons crado, chiant sur la gueule de la foule robotisée.

On ne sait plus rien, on ne voit plus rien, on ne dit plus rien, même Eux ne pensent plus à rien. Notre civilisation est devenu son propre assommoir, soit disant pour sa propre protection. Comment rester pur dans ces conditions ? Je suis devenu un rat parmi les rats, griffant, mordant pour ne pas subir.

Je subis pourtant ma condition tout les jours, chaque matin, chaque heure me rappelle que j'ai les pieds dans la merde sociale.

Faites moi donc la morale, j'en ai grand besoin.

Vous avez fait de moi cet individu hybride, assujetti et souffrant de l'être, lucide et lâche parce que piégé.

Laissez-moi m'aérer, le temps d'une nuit, le temps d'un rêve, le temps d'une colère.


Le Désenchanteur

L'usure du temps patine les apparences, reste les antagonismes profonds bien vivaces

A fleur de peau, le passage d'une fée peut électriser ou enchanter. Le ciel n'est plus un allié et la crasse molle colle un peu, sans empêcher de faire briller les yeux des autres par moment.

Un peu désespéré, un peu enchanteur, un peu enchanté, un peu bidouilleur de conscience.
Un peu consensuel, un peu rebelle, à piocher dans l'un, dans l'autre sans jamais de réelle volonté que celle de se laisser porter par la découverte, bonne ou mauvaise, blanche ou noire, éblouissante ou étouffante.

Les compteurs font leurs tours, les aiguilles avancent, les réflexions deviennent de plus en plus floues et la vérité s'échappe.

La vraie sagesse est de savoir qu'on ne sait rien en sachant beaucoup, qu'aucune vérité n'est vraie à dire, que le détachement est le seul remède aux maux d'ici bas.

Qu'il n'empêche pas d'aimer. L'indifférence est le seul vrai danger, on y plonge peu à peu, psychopathe en puissance, sans violence, juste perdre le goût des choses pour peut-être mieux le retrouver.

Plus de peur, froideur glaciale contre sirocco, affrontement guerrier mécanique, remède contre l'ennui !


Optimisme et volupté

Sourire aux lèvres, humeur de fête, le soleil réchauffe les âmes et les hasards de la vie sont beaux parfois.

La route est belle de cette lueur spéciale qui ne fait jamais plisser les yeux, de cette lueur qui permet d'observer chaque détail du paysage avec cette confiance heureuse au fond de la poitrine.

L'orage est derrière, il reviendra c'est sûr mais pour l'instant, place au ciel bleu, l'homme n'est que nature finalement, emprunt de cycles qui se répètent à l'infini.

La route nous mène...et non l'inverse...quand on croit maîtriser sa direction, elle choisit de rebondir dans l'autre sens.

Aussi je regarde tout ce vert autour de moi, je peux sentir l'odeur de cette couleur d'espoir et de vie, chaque goutte de rosé sur la feuille comme autant de rencontres impromptues.

Les destins s'emmêlent et la vie s'en mêle, douceur laconique des choses simples, enfin.

Apaisement des esprits, repos des démons, quand la bataille fait rage pendant la nuit, le jour sait déjà qu'il va gagner.

Laissons-nous happer !


Qui Pro Quo


La Condition Humaine ou la manière de voir les choses !

Sensibilité à fleur de peau, culpabilité judéo-chrétienne profondément ancrée dans la chair, peur de l'inconnu, volonté désespérée de posséder.

Quand la passion fusionnelle s'associe à la duperie...impossible de prévoir, difficile d'éviter les écueils.

Les lendemains seront, les joies scintilleront de ces petits regards complices captés à la lueur d'une nuit chaotique.

Rage et désespoir, peur du vide, disparition d'une vie passée, apparition d'anciens fantômes, terreur glaciale et mélange des genres...

Le seul ennemi vraiment redoutable est l'ennui, l'indifférence de vivre, l'absence d'émotion et d'évènement. La souffrance est belle puisqu'elle fait ressentir plus fort, le bonheur n'est qu'une lisse illusion qui se dessine dans l'esprit des rêveurs.

Alors frapper, voler, souffrir, courir, mentir et abuser, se dresser sur et contre, faire et défaire, ne jamais s'arrêter, ne jamais se satisfaire, le double tranchant d'une vie qui progresse sans s'agripper, mais connaitre, savoir, vivre...jusqu'à épuisement.

Sans peur...et sans regrets.



Les Pauvres


Poursuivre le paradoxe entre guerre et divinité, schizophrénie finalement banale mais tellement évidente d'une ambivalence affichée.

Amour et ferme volonté d'y échapper, attirances morbides, autodestruction soigneusement ordonnancée, les fleurs sont là, camouflant la mélancolie, couvrant la joie, exacerbant l'excitation de la nouveauté.

Des mots comme autant d'empreintes d'un présent qui n'existe pas puisqu'il est déjà écoulé. Cherchant sa place entre un futur inexistant et un passé révolu...La saison des colères souffle ses dernières forces, mais toujours à courir pour rattraper l'évènement, sans jamais parvenir à l'arrêter pour le contempler, le figer et l'examiner, le détailler, le peler et l'éviscérer pour enfin le comprendre dans tout son sens. Trop de vitesse.

Trop de tentations, trop d'envies, trop de mécanisme tellement prévisibles qu'ils en deviennent ridiculement pauvres, pauvrement humains... pauvres humains, livrés à une bataille sans fondement, s'accrochant aux non vérités édictées par leurs pairs assoiffés de sérénité, d'orgueil, de pouvoirs, de vices et de vertus.

Mort aux bien pensant, pendez les hypocrites, égorgez les curés, éventrez les âmes noires jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne pour vous dire à quel point le spectacle d'une émotion lue dans des yeux peut être beau.

La victoire est proche, l'Homme sera bientôt l'égal de Dieu, invisible, inodore, incolore.



Sentiments ?

L'empreinte du pied légèrement dessinée sur ce sable chaud laisse courir sur La Dune les sens aiguisés de celui dont l'imagination n'est que regard.

Se laissant aller les yeux fermé sur cette masse chaude et douce, allant jusqu'à ressentir le crissement du sable remontant entre les orteils, j'avance les yeux fixés sur ces traces qui s'affaissent et s'effacent au gré du vent et de ses effluves brûlantes.

Me joignant en pensée à cette nudité entrevue, fantasme criant, illusion exquise, mes mains plongent et mes doigts glissent sur cette peau sablée, simplement le bout des doigts. Orgasme du toucher, chaque millimètre prolonge le plaisir et je plonge plus loin, plus vite, tournant, courant, les doigts trainant, les yeux mi-clos emplis d'une béatitude extatique.

Le corps alangui je repose sur le flanc, les yeux fermé, prolongeant le plaisir de saisir sa présence, je rêve comme je suis. L'incohérence comme seul refuge, la folie passagère comme on rêve de la connaitre, je suis, je ne suis pas, je suis l'immatériel et le palpable, je suis le charbon rougeâtre qu'on aime prendre dans la main avec délice.

Je ne puis que suivre ce fil tendu sans destination, sans m'arrêter, flottant au gré de cette mer de sable qui m'absorbe et me recrache, sale goût me dit-elle...

Fantasme égaré, je continue à me trainer, je trouverai.


Devoir de mémoire

Le temps me donne le vertige, suspendu dans le vide, flottant sur un bateau ivre de sel, le paysage est tellement décalé qu'une multitude d'images surgissent. Incompréhensibles, tellement loin du quotidien habituel.

Je regarde ces gens vivre et j'ai l'impression de n'avoir jamais vécu. Seul à marcher au milieu de ce brouhaha exotique, je n'ai d'autre choix que de replonger en moi pour absorber mes visions, est-ce par lâcheté ? La fuite vers l'inconnu, l'attrait de la différence n'est-elle pas que l'illusion d'une vie qui nous échappe ?

L'amour obsédant de l'observation est pervers, l'analyse en découle avec les pièges qu'elle induit. Quand je cesserai de croire, peut-être comprendrai-je qu'il n'y a pas de destin. Les peurs s'évanouiront en fumée de bois vert mais ce bois ne se consume pas...

J'aime à croire que les odeurs, la chaleur, le partage des évènements est le chemin vers l'absolu, méditation permanente, c'est l'ogre qui nous dévore !


L'âme saoule


Comme autant de racines emportées par l'élan de vie, mon cœur voyage entre brume et raison, au-delà de cette petite mort finalement trop rapide, je préfère un supplice bien plus cruel.

La torture mentale pour ne plus savoir et l'oraison funèbre de ma raison disparue érigée en drapeau, flottant au gré du souffle sale de cette ère trouble et nauséeuse.

La peur au ventre de ce lendemain au vide cataclysmique, porté par une simple habitude, faire pour faire, sens de la vie, panser ses envies, envier vos pensées.

Spleen désuet d'un temps définitivement révolu, résigné, la silhouette crispée vers l'avant, l'ombre d'un être humain avance vers son lendemain chaque jour renouvelé, chaque jour plus dur et plus insensible.

L'encens qui se consume dans l'air froid, morceaux d'âmes vaporeux fuyant l'enveloppe pour un ailleurs improbable, ce voyageur devient transparent, il a brûlé sur l'autel de ce monde brutal.
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FlaG
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MessagePosté le: Ven 13 Juil 2007 - 13:38    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Kakos a écrit:


Alors là Guillaume, je te tire mon chapeau, c'est tout simplement magnifiquement littéralement réussi
Bravo didon

Je les relirai pour te dire celui que j'préfèèère

Rô didon


ouatshaout a écrit:
merci Wink ma p'tiote, c'est des trucs écrits rapidos, ça me permet de garder la motiv pour mon bouquin, ça c'est dur dur.


noar371 a écrit:
J'suis une grosse bite en littérature mais tu m'as troué l'cul là Guillaume.. T'en rêvais, tu l'as fait


ouatshaout a écrit:
je vous mettrai les premiers chapitres de mon livre si ça vous dit, y'a encore des passages à retoucher par contre, donc c'est pas pour tout de suite.

Noar, c'était vraiment très bon, depuis le temps que ça me faisait fantasmer !


noar371 a écrit:
avec plaisir ma poule. J'suis curieux là.


Kakos a écrit:
C'est sur quoi exactement ton livre ?
... suis déjà curieuse...
Autobio chronologique ou alors humeurs du moments retranscrites de cette façon ?


ouatshaout a écrit:
arf, un premier roman est toujours plus ou moins autobiographique, mais ça reste un roman.

Le style est assez différent de ces textes, on le retrouve par moment dans les interventions du personnage féminin principal, sinon d'une manière générale le style est plus direct et contemporain

Mais ça fait bien 3 ans que je suis bloqué au milieu et que j'arrive plus à avancer, c'est ça de mener plusieurs choses de front, on va pas au fond (sans mauvais jeu de mots !!)

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k-mi
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MessagePosté le: Mer 1 Aoû 2007 - 11:59    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

ben dis donc....
guigui je suis sur le cul!
je pense que tu ne devais pas toujours te sentir bien dans tes baskets quand tu as ecris ces textes mais en tout cas ce sont des choses qui inspirent.
chapo!

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ouatshaout
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:01    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

La Haine

La rage en étendard, il avance le fer en avant piétinant les vestiges d'un passé glorieux, stigmates d'une histoire illusoire.

Les chocs résonnent encore en lui et c'est son corps qui vibre, diapason de l'état de son âme. La douleur efface le sang et se diffuse, glaciale, sourde, entière, chaque fibre est envahie, chaque parcelle se remplie jusqu'à déborder.
Il hurle et frappe et hurle encore, sans s'arrêter, l'echo fonce de toute part faisant frémir les feuilles des arbres, frissonner les buissons et décolorer le ciel. Ses mains s'enfoncent dans les chairs, le métal casse, tranche, pénètre et recommence, la force n'existe plus, il n'y a plus que la Haine qui actionne ce corps à l'âme emportée.

Tournant sur lui-même, l'esprit fondu et les yeux liquides, il en appelle à ce Dieu qui n'existe pas pour stopper cette avalanche, pour en finir, oublier.

La Haine est là, et ce Dieu charlatan n'y peut rien. Des nuits, des jours, des saisons se succèdent, mordant le corps, l'avilissant un peu plus à chaque passage, tordant les membres et creusant la peau.

Pourtant la Haine fatigue, épuisé c'est un premier genou qui vient à terre dans un fracas métallique, les mains se mettent à trembler à soutenir ce corps désormais collé au sol.
La Haine mute à mesure que l'étendue du malheur prend corps dans son esprit.
La Haine s'échappe alors que la conscience de la perte le submerge, terrorisée par cette souffrance surnaturelle qui se profile.

Le souffle se réduit et la tête se baisse. Un silence lourd chapeaute le paysage et oppresse la poitrine débarassée de son armure de cuir. La souffrance d'une infinie tristesse le réduit a néant.

Perdre les siens l'anéanti, le laisse exsangue et simplement vivant par reflexe mécanique.

L'âme n'est plus complète.

La Haine n'existe pas, elle n'a jamais existée, seule la douleur.
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Ccil
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:17    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant



C'est vrai, comme tu le disais, tu sais parfaitement bien retranscrire et décrire des états... dans ce cas là, des sentiments de haine glissant vers la douleur..
c'est vraiment poignant, très dur, très fort et on ressent nous aussi, en même temps que lui, la modification de son état...

La Haine et la Souffrance sont 2 "personnes" à l'intérieur d'un corps articulé qui se bataillent à mort......

Nan, c'est vraiment bien Guillaume...

D'ailleurs, à quand les premiers chapitres de ton bouquin ou tu préfères attendre encore ?
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:21    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Put1 c'est clair c'est impressionnant comment tu arrives à retranscrire ce qu'il y a au fond des êtres ....

Je sais pas trop quoi dire à part te tirer mon chapeau
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Je suis chauve, mais j'ai une queue de cheval.

On compte les gens qui sont morts à cause de l'alcool. Mais on ne compte pas ceux qui sont nés à cause de lui !!!!
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NekeY
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 11:26    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

J'me répète mais, ça fait froid d'l'dos... C'est véridique, j'l'ai croisé en te lisant.
La haine existe belle et bien mais finit toujours, en effet, par se tranformer en douleur...

Je crois que les deux sentiments qui me fond le plus peur sont la Haine et la Rencune.

Bravo pour l'expression de ce sentiment... Et donc, quelle heure était-il au moment de cette prose ?

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ouatshaout
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 12:20    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Merci beaucoup, Cécile ton analyse est très juste et ta réponse très touchante pour moi

Merci Xav pour le chapeau

Quant à l'heure qu'il était Nekey, c'était tout simplement ce matin, faut pas me chicaner le matin moi Monsieur ! lol

En tout cas, j'aime ce parallèle entre Haine et Souffrance, car qui est capable de dire ce qui est à l'origine ? Les chemins peuvent se faire dans les deux sens en réalité.

En ce qui concerne mon livre Cécile, je suis encore en train de réecrire certains passages qui ne me conviennent pas et d'avancer sur la partie centrale. Mais j'avance un peu dans ma tête et certaines choses s'éclaircissent, j'hésite encore à balancer le truc.
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FlaG
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 14:05    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Très joli texte Guigui.

Je dirais quand même que la haine existe, et que la haine est un sentiment qui permet d'en mettre un autre de côté : la douleur.

La haine (et sa soeur rancoeur) permettent de diminuer/cacher sa douleur, jusqu'à ce que la haine atteigne son "but" ou que celle-ci s'estompe avec le temps (dans ce dernier cas, la douleur est finalement moins violente car plus "diluée" par le temps).
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ouatshaout
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 15:50    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

FlaG a écrit:

La haine (et sa soeur rancoeur) permettent de diminuer/cacher sa douleur, jusqu'à ce que la haine atteigne son "but" ou que celle-ci s'estompe avec le temps (dans ce dernier cas, la douleur est finalement moins violente car plus "diluée" par le temps).


La Haine ne diminue pas la souffrance, elle la masque. On a souvent l'impression que les deux ne peuvent pas cohabiter, alors qu'en fait la haine accentue la souffrance insidieusement, puisqu'elle cumule son action à la douleur déjà existante, la Haine ronge, la Haine rend fou, la Haine est incontrôlable. Elle vide celui qui souffre de sa substance.

La souffrance est une punition suffisamment lourde.

La Haine est un peu l'héroïne de la souffrance, un échapatoire.

Merci en tout cas mon lapin
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FlaG
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 15:58    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

C'est bien ça, elle permet de cacher la douleur, de la mettre de côté. La douleur continue de ronger mais la haine permet de ne plus focaliser dessus.

Quand on devient fou (de colère), qu'on devient incontrôlable, on ne pense plus à la douleur (du moins la sienne).
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ouatshaout
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 16:04    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

FlaG a écrit:
C'est bien ça, elle permet de cacher la douleur, de la mettre de côté. La douleur continue de ronger mais la haine permet de ne plus focaliser dessus.

Quand on devient fou (de colère), qu'on devient incontrôlable, on ne pense plus à la douleur (du moins la sienne).



voui, mais elle est toujours là et la haine n'est en fait qu'un catalysateur. Bref un mauvais médoc.

L'acceptation de la souffrance est difficile, on a tous nos méthodes pour y arriver, y'a pas vraiment de morale dans tout ça, juste des états d'âmes.

biz
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k-mi
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 18:49    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

ouah!!!!
en tout cas ça fait peur tellement c'est vrai et bien retranscrit.

que dire de plus...
appart que ça m'en donne des frissons...
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ouatshaout
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MessagePosté le: Ven 14 Sep 2007 - 08:31    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Merci K-mi Embarassed
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Dijor
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MessagePosté le: Lun 17 Sep 2007 - 18:13    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

ouaaa didons! ouatchaout! je suis sur le cul là! sans faire le foku, j'ai pas tout lu mais c'est vraiment impréssionnant!

Victor ma expliqué ce que voulais dire "spleen", c'est un truc de fou! il faisait vraiment ça à l'époque ?


ouatshaout a écrit:


Spleen désuet d'un temps définitivement révolu, résigné, la silhouette crispée vers l'avant, l'ombre d'un être humain avance vers son lendemain chaque jour renouvelé, chaque jour plus dur et plus insensible.





En tout cas moi avec mon intelligence du niveau d'une loutre il me serait impossible de débattre deçu en profondeur mais c'est vraiment jolie, j'aime bien celui qui s'appelle : "LES PAUVRES" (enfin ce que j'ai pu comprendre biensure lol)

Et tu écrit donc un bouquin ? mais sans vouloir critiquer en mal c'est comme ça tout le long ?
Et ca ce passe comment pour trouver un éditeur?, ce doit être super chiant sans piston non?
enfin bref c'est vraiment un milieu inconnu pour moi mais ça ce rejoind un peu avec le faite que j'aimerai bien éditer ma B.D.


encore bravo ^^
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MessagePosté le: Mar 18 Sep 2007 - 09:53    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Dijor a écrit:
ouaaa didons! ouatchaout! je suis sur le cul là! sans faire le foku, j'ai pas tout lu mais c'est vraiment impréssionnant!

Victor ma expliqué ce que voulais dire "spleen", c'est un truc de fou! il faisait vraiment ça à l'époque ?


ouatshaout a écrit:


Spleen désuet d'un temps définitivement révolu, résigné, la silhouette crispée vers l'avant, l'ombre d'un être humain avance vers son lendemain chaque jour renouvelé, chaque jour plus dur et plus insensible.





En tout cas moi avec mon intelligence du niveau d'une loutre il me serait impossible de débattre deçu en profondeur mais c'est vraiment jolie, j'aime bien celui qui s'appelle : "LES PAUVRES" (enfin ce que j'ai pu comprendre biensure lol)

Et tu écrit donc un bouquin ? mais sans vouloir critiquer en mal c'est comme ça tout le long ?
Et ca ce passe comment pour trouver un éditeur?, ce doit être super chiant sans piston non?
enfin bref c'est vraiment un milieu inconnu pour moi mais ça ce rejoind un peu avec le faite que j'aimerai bien éditer ma B.D.


encore bravo ^^



Dijor, mais tu ne dis pas que de la merde alors !! lol

Bah déjà c'est cool que tu trouves des trucs jolis, merci bien Wink

Pour ce qui est du livre, c'est pas du tout le même style que j'utilise, c'est beaucoup plus "moderne", bref, plus direct et moins compliqué.

Pour ce qui est de trouver un éditeur, c'est très chaud. Les stat montrent que seulement 1% des manuscrits envoyés librement aux éditeurs (sans piston) sont édités.

Et voilà comment ils fonctionnent : ils ouvrent ton manuscrit, lisent la première page, si ça les accroche pas direct il le benne et tu vas te faire foutre...!

Donc comme partout, soit t'as du bol, soit t'as du piston, soit t'es un putain de génie et t'as du bol !! lol

Je suppose que c'est la même pour la BD.
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MessagePosté le: Mar 18 Sep 2007 - 10:22    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Y'a pas + de possibilité maintenant grâce à internet ?
je sais pas, je me demande si y'a pas des moyens ou supports de diffusion qui facilite la tâche à des écrivains qui débutent ou qui n'ont jamais rien publié... ?
Y'a pas des salons, comme celui de la BD ?

Enfin je sais pas, j'y connais strictement rien dans ce domaine ...
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MessagePosté le: Mar 18 Sep 2007 - 17:26    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Je ne me suis pas réellement investit dans une démarche d'édition pour l'instant, vaut mieux se concentrer sur "terminer ce putain de bouquin qui me traine dans les pattes depuis trop longtemps" lol

Mais c'est un champ de bataille, ça c'est sûr...

Internet n'y change rien, internet permet de s'exposer librement mais pas d'être édité, au contraire, si tu mets tes trucs sur le net, tu peux faire une croix sur leur édition. C'est pour cela aussi que ma moitié de livre reste dans mon ordi !
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MessagePosté le: Mer 19 Sep 2007 - 19:51    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

A tient, comme kakos j'aurais pensé que internet aurai pu offrir d'avantage de possibilité de ce coté ci, en tous les cas j'ai jamais test...

Sinon bon courage ouatchaout pour finaliser ton bouquin, si ce projet ce termine, vraiment tu peux être sur que je serais là pour te l'acheter, sans te prometre de le lire en entier loool


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MessagePosté le: Mer 19 Sep 2007 - 20:53    Sujet du message: [POESIE] Quelques lignes jetées en vrac... Répondre en citant

Dijor a écrit:

Sinon bon courage ouatchaout pour finaliser ton bouquin, si ce projet ce termine, vraiment tu peux être sur que je serais là pour te l'acheter, sans te prometre de le lire en entier loool




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merci dijor
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