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[AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines

 
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Ccil
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MessagePosté le: Ven 17 Aoû 2007 - 09:56    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Bal lugubre dans les monarchies africaines
-17 Août 2007-

Vingt-troisième étape. Suite de notre reportage autour du monde à la rencontre des Chinois et des exilés de l'empire du Milieu. Au Gabon, devenu misérable, la colère gronde contre les dirigeants et leurs protecteurs. Le sentiment antifrançais est palpable. Les Chinois attendent de prendre notre place.

On ne va nulle part sans a priori. Il y a trois mois, j'étais passé à Dubaï, la capitale des Émirats arabes unis, où je m'attendais au pire tape-à-l'oeil, au clinquant inutile. J'avais été étonné par le développement intelligent et spectaculaire de ce pays moins riche que le Gabon. À Libreville, où j'arrivais, je me réjouissais de retrouver le petit émirat tropical, coquet, que je n'avais plus revu depuis vingt ans. Il devait s'être spectaculairement développé. La réalité était opposée : le Gabon était devenu un émirat misérable. Le tiers de son million d'habitants vivait sous le niveau de pauvreté (un dollar par jour). Libreville s'était défaite, elle s'étalait tristement avec ses carcasses d'immeubles abandonnés sur le bord de mer, ses rues défoncées, ses coupures de courant, ses égouts débordants. Dans les quartiers populaires, des habitants fouillaient les poubelles et s'y nourrissaient, dans une misère humide de flaques boueuses. À l'hôpital central, les malades arrivés en urgence étaient posés sur le sol. Les écoles comptaient soixante élèves par classe. La plupart des chaînes d'hôtels internationales s'étaient retirées du pays.


Le Gabon, riche à milliards grâce à son pétrole, n'était plus qu'une débâcle, un découragement, une reculade, un pays exsangue et délabré. Derrière le boulevard triomphal Omar Bongo bordé d'immeubles rutilants, j'étais replongé dans la crasse de Port-au-Prince, la capitale misérable d'Haïti. C'étaient des bidonvilles à perte de vue, des routes pitoyables menant vers les pays voisins. Les grèves se succédaient en ville. C'était le seul moyen de se faire payer, semble-t-il. Depuis 2006, l'État ne réglait plus ses factures. Les Gabonais nommaient ce phénomène « l'évaporation ». Je tentais d'aborder quelques intellectuels officiels, mais tombais sur des laquais : « Vous êtes un journal d'opinion, il me faut d'abord prévenir le palais ! », tremblotait un M. M'Bot, ancien ministre semble-t-il (il y en avait quarante- neuf à chaque remaniement). Pour me remonter le moral, je dirigeais mes pas vers le Musée des arts et traditions populaires, sur le front de mer. L'art des masques de la forêt gabonaise faisait rêver les collectionneurs du monde entier. Le musée


était à l'abandon. Mangé par les insectes. Les réserves avaient été inondées trois fois en deux ans. On appelait ici ces mauvais sorts des « coups de fusil nocturnes ». Les esprits se vengeaient. Car le pays avait été pillé. J'avais toujours porté un regard assez indulgent sur le phénomène de la corruption. Après tout, c'était bien difficile de la stigmatiser, pour nous qui n'avions jamais connu de privations. C'était comme demander à un homme affamé depuis toujours de ne se servir qu'une demi-tranche d'un énorme cake qu'on lui présenterait soudainement. Ce que nous nommions «corruption», c'était la confiscation du cake entier par ce vorace. Cela n'était pas bien du tout, mais c'était humain : l'homme voulait mettre sa famille et ses proches définitivement à l'abri de la misère. Omar Bongo, le président gabonais, n'était que le prédateur le plus caricatural de l'Afrique. Au Cameroun, Paul Biya, lui aussi, avait mis son pays en coupe réglée. Au Congo- Brazzaville, c'était Denis Sassou N'Guesso ; dans l'autre Congo, celui de Kinshasa, la famille Kabila ; au Togo, la famille Eyadéma. Mais la tension montait : aussi bien Omar Bongo qu'Idriss Déby au Tchad, Sassou N'guesso et Paul Biya vieillissaient. Et aucun de ces chefs n'avait préparé sa succession. Les Chinois se réjouissaient de cette agonie lugubre de l'Afrique francophone. Ils avaient poussé la provocation jusqu'à vouloir racheter l'ancien hôtel particulier du ministère français de la Coopération, à Paris - Jacques Chirac avait mis son veto.


Ils contemplaient le recul de la France sur le continent. Ils attendaient que ces cartels de clans qui avaient profité au maximum de la sécurité apportée par les Français (1) soient chassés. Ils calculaient que ces transmissions de pouvoir se feraient sur le dos des Français. Car partout en Afrique francophone, il était déjà écrit que la colère de ceux qui s'étaient sentis floués par leurs dirigeants (95 % des populations de ces pays) se retournerait le moment venu contre ceux qui avaient protégé les exactions de leurs anciens dirigeants. Exactement comme en Côte d'Ivoire : l'émancipation vis-à-vis de l'ancienne puissance colonisatrice serait d'autant plus violente qu'elle serait tardive. À Libreville, cette colère était déjà palpable. Au carrefour de Rio, qui dominait plusieurs quartiers et commandait l'accès à des routes importantes, je ne m'étais guère attardé. Les regards n'étaient pas bienveillants : « Ras-le-bol de voir les Français ! », « Fous le camp ! », lâchaient des Gabonais attablés dans des « maquis », les cafés du coin. « C'est comme au Rwanda ou en Côte d'Ivoire ici, me disait le journaliste gabonais qui m'accompagnait, il y a un fort sentiment antifrançais ici. Les gens ne le disent pas haut, mais ils le pensent : la France nous impose ce dictateur. Elle ne nous veut pas de bien. Elle encourage les prédateurs. » Dans les restaurants français du centre-ville, les Blancs trinquaient au pastis, ils semblaient ignorer cette exaspération : « Ce pays est béni des dieux, et ça continuera ! », assurait un convive auquel je décrivais l'ambiance du carrefour de Rio. Le Gabon n'était pas plongé dans une drôle de guerre, mais dans une drôle de paix. Le peuple attendait son heure, prêt à faire payer la sclérose de ses structures politiques et sociales aux étrangers. Les Français seraient les premiers pillés. « Ce sera effroyable lorsque cela éclatera, car la violence est contenue, mais déjà présente. On pratique le supplice du pneu (2) pour les voleurs, c'était inimaginable il y a vingt ans », m'expliqua un sociologue gabonais. Le pays était devenu un théâtre d'ombres et de simulacres. Les habitants jouaient les Tartuffe : « Les gens acceptent d'être nourris par un chef plutôt que de lutter, expliquait un coopérant européen, le pays recule. Les ministres passent leur temps à attendre que le président ouvre l'armoire qui est derrière son trône. Elle contient des mallettes remplies de billets de banque. » Les Chinois sentaient bien le recul des Français, et occupaient les places qu'ils abandonnaient. Dans l'industrie en particulier. Là où les Français se faisaient critiquer pour le manque de solidité des routes qu'ils construisaient (après les prébendes du palais, il restait moins de goudron à étaler), les Chinois faisaient les routes eux-mêmes, plus vite et plus solidement. Sur le boulevard triomphal de M. Bongo, ils avaient construit tout ce qui se voyait : l'Assemblée nationale, le Sénat. Ils avaient rénové l'hôtel du premier ministre, ils s'activaient ces jours-ci sur une Cité de l'information, où seraient regroupées les forces vives de la presse locale. Celle-ci était dithyrambique sur l'action des Chinois. « Avec les Chinois, c'est du concret ! », proclamaient les journaux. La Chine n'avait évidemment pas de sympathie particulière pour le président Bongo, mais elle en avait beaucoup pour son pétrole, son bois, son manganèse et son minerai de fer. Pékin venait ainsi de débloquer trois milliards de dollars de crédits pour un projet colossal, l'exploitation d'une mine de fer à Belinga, détenue à 85 % par les Chinois. L'étonnant dans ce projet était que les Chinois ne possédaient pas le savoir-faire pour exploiter des gisements aussi gigantesques. Mais la candidature chinoise avait été retenue par le président Bongo, et le contrat signé dans des termes d'une confidentialité absolue. Je n'étais pas étonné par le style monarchique du pouvoir gabonais. Tous les régimes africains avaient cette tentation monarchique, et il était naturel de laisser enfin les peuples du continent maîtres de leur histoire. Ce n'était pas à nous, les Français, de donner des leçons sur ce point aux Africains, alors que nous avions vécu huit siècles sous le règne de deux familles. J'avais rencontré des « monarques » admirables sur ce continent, comme Félix Houphouët-Boigny. Ce qui me surprenait à Libreville, et dans toute l'Afrique centrale plus généralement, c'était le silence de la France. Il n'y avait qu'une seule explication possible : Omar Bongo payait tout le monde en cash. Nous aussi. Avec ses collègues, les autres vieux monarques de sa région, il était la caisse noire de la Ve République. Que pouvait-on lui reprocher ? Rien. Il aurait fallu instituer une règle dès le début. C'était maintenant trop tard. La « Françafrique » pourrissait de ses compromissions. Les Chinois attendaient de prendre notre place. Ils étaient dix mille environ au Gabon, dans les quartiers, dans les bidonvilles, ils s'intégraient et parlaient un français fleuri, avec l'accent de là-bas. Ils ouvraient des magasins de vêtements, des restaurants aux prix imbattables. « Si on veut se faire plaisir, me racontait un copain journaliste gabonais, on va manger chez eux. On commence à aimer les nems ! » L'Afrique n'était pas le seul continent qui ouvrait ses bras à la Chine. L'Asie du Sud-Est et le Pacifique s'offraient eux aussi. Je quittais le Gabon et m'embarquais pour Bangkok. Pour un dernier petit saut de 30 000 km par-dessus la terre.


(1) Il y a six commandements militaires français en Afrique : l'un à Libreville (Afrique centrale), un autre à Djibouti (Corne de l'Afrique), un à Dakar (Afrique de l'Ouest), un à la Réunion (océan Indien) et le dernier à N'Djamena. (2) Le supplice du pneu consiste à passer un pneu autour des bras de la victime, à l'arroser d'essence et à mettre le feu.

Source : le figaro.fr

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J'ai pu le constater par moi même lors de mes 2 séjours au Faso : de plus en plus de projets de coopération se font avec les Chinois, au détriment des habituelles coopérations françaises. Pourquoi ? Parce que les gouvernements en ont marre des objectifs imposés par la coopération française, l'Union Européenne ou la Banque Mondiale.
Les gouvernements veulent des réalisations concrètes, en échange de choses qu'ils peuvent changer de suite : pétrole, part de marchés, pourcentage...
Ceux d'atteindre par exemple tant de % de croissance d'ici telle année, de développer tel secteur de tant de % d'ici telle année, ils n'en veulent plus.
Ils tournent donc le dos pour des objectifs à court terme, qui, à mon avis, seront au détriment des populations.
Les ONG et autres petits projets indépendants continueront mais seront sans doute + marginalisés et bénéficieront beaucoup moins de la coopération du gouvernement.

Il faut dire aussi que certains objectifs fixés par la Banque Mondiale, les fameux Objectifs du Millénaire, sont parfois désastreux pour les ONG et autres projets qui privilégient par exemple la qualité de l'enseignement à la quantité d'école à construire. Ces projets seront directement écartés des financements si ces objectifs sont proposés. Alors ? A quoi servent des écoles répondant à "Education pour Tous" à moitié vides où les enseigannts ont été formés en 1 semaine et payés au lance-pierre, comparés à un nombre d'écoles + réduites mais dont l'enseignement est de qualité et une présence professeur/écolier de quasi 100% ?
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MessagePosté le: Mer 29 Aoû 2007 - 08:53    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Ah ben y'a aussi de bon articles dans le figaro...

A noter que M.Chirac a sauvé le palais de l'ancien ministère des griffes des Chinois ! Ouf...
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MessagePosté le: Mer 12 Sep 2007 - 16:43    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

ouatshaout a écrit:
Ah ben y'a aussi de bon articles dans le figaro...

Mouaif... tout dépend le niveau de lecture.
Cet article s'inquiète principalement du recul de l'hégémonie française au Gabon... Facile de dire que les gouvernenments africains sont corrompus... tant que l'on aborde pas qui les corrompt.... La France (entre autre)a participé allègrement à la misère du Gabon...
Ca fleure bon le colonialisme viellisant (j'ai pas dit pourrissant... oui, bon, c'est vrai... je l'ai pensé)

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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 09:59    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

voui, c'était bien évidemment du second degré. de toutes façons, les médias, quels que soient leur couleur oriente toujours les articles en fonction des opinions, donc bon...

Je vais bien tout va bien.

L'Afrique semble condamnée à se faire utilisée, la vrai question c'est pourquoi ?
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:11    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Parce que l'Afrique semble être la terre d'accueil des pilleurs et profiteurs des pays développés et/ou puissants.

Parce qu'elle recèle des richesses qui s'achètent à moindre coût, très facilement.

Parce qu'elle n'a pas forgé sa propre histoire et se rattache aux périodes passées et révolues où la vie leur semblait meilleure.

parce qu'on leur impose une ligne de conduite démocratique qui n'est qu'une facade aux vues de ce qu'il se passe réellement.

Si les pays ne la suivent pas : pas de subventions, d'aides ou autres financement..démerde toi !

Certains pays ne veulent plus de l'aide européenne/française car les objectifs qui leur sont imposés sont irréalisables ou à trop long terme (éducation pour tous, fin de la corruption...), alors que pétrole contre routes comme leur propose les chinois est bien + avantageux... jusqu'à quand ?
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:18    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Parce que pour être riche et consommer (la part des autres), il faut mathématiquement des pauvres.
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:20    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

des pauvres... et les entretenir pauvres !
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:25    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Ca va de soi.
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 10:31    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

J'entends bien, mais qu'est-ce qui fait qu'encore aujourd'hui l'Afrique est incapable de se prendre en charge et d'exploiter ses richesses ?

Je pense que c'est inhérent à leur mode de vie tribal et à leur absence de considération de l'avenir.

Certains pays auraient dû évoluer en terme d'économie et devenir des puissances représentatives, hors ils se sont laissé pillés...incapable d'avoir une vision de croissance globale comme il peut y en avoir dans beaucoup de pays maintenant en voie de développement (déjà bien entamé comme la Chine ou l'Inde).

L'Afrique n'a jamais su exploiter ses ressources qu'elles soient materielles ou humaines. Et effectivement la France a profité des divisions culturelles existantes et les a entretenue, mais elle ne les a pas créée, et le destin de l'Afrique n'appartient qu'à elle au final.

On échange des routes contre du pétrole...OK...mais pourquoi ne pas former des ouvriers Africains, des ingénieurs Africains, des Entrepreneurs Africain pour qu'à terme les Africains puissent vendre leur pétrole ? Et faire tourner leur écon,omie interne sans être ultra dépendant du Français ou du Chinois ? Pourquoi n'arrivent-ils pas à mettre en place ces structures éducatives ?

Alors oui OK, tout les pays Africains ne sont pas égaux devant le potentiel de leur territoire, mais quand même...
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 11:53    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Dans un pays : il y a un gouvernement et une population, beaucoup d'inégalités suivant le pays.
Avant la période colonialiste, y'avait pas grand chose, pas de villes, routes, chemins de fer, industries....l'afrique reste encore à 80% vivant de l'agriculture, bien que les tendances s'inversent avec l'urbanisation anarchique et galopante.

je pense qu'ils n'ont pas su évoluer logiquement et donc ont loupé le coche d'un développement comme l'a connu l'Inde et sa Révolution Verte, boosté par l'émergence de la Chine.
Il y a maintenant trop de disparités et il est impossible de revenir en arrière pour le corriger.

Certains n'ont meme pas de quoi bouffer tandis que d'autres roulent en merco dans les bureaux administratifs.

Leur imposer la "démocratie à l'occidentale" n'a pas été une bonne chose.
Ils avaient leur propre système hierarchique, archaïque je te l'acorde, mais qui semblait fonctionner puisque présent depuis des centaines d'années.
Maintenant qu'il y a une pseudo démocratie, tout le monde ne rêve que d'une chose, accéder à ces postes et SURTOUT NE RIEN FAIRE CHANGER..
Oui, malheureusement, il est clair qu'une fois installé, très peu de choses sont réalisées au bénéfice des populations.

Sankara avait voulu oeuvrer dans ce sens, assassiné par le très aimé président actuel du faso...
Tout ça pour dire qu'on ne leur a pas laissé le choix. Que peut-être, avec le temps, les choses auraient évolué au mode africain et que la situation ne serait pas telle aujourd'hui.
On a voulu les aider, si et seulement si leur gouvernement était de type démocratique... en apparence.
On voit bien que la France retourne se vest et ferme les yeux quand il s'agit d'assurer ses avantages dans certains pays...
Mais pour les plus démunis, c'était ça.

Donc les disparités se sont accentués et la soif de l'argent et du pouvoir également. Je te l'accorde, c'est vraiment rageant.
Quand au développement des écoles, ça s'amorce lentement. Au burkina ils viennent de créer une école d'ingé en hydraulique et aménagement du territoire qui regroupent pleins d'étudiants de l'Afrique de l'Ouest...
Mais bon, quand tu vois que certains ne peuvent pas continuer leurs études et doivent venir en France puisque l'enseignement supérieur reste inexistant...et ne peuvent même pas avoir de visa...
Pourquoi ?
Je sais juste que les enseignants sont payés au lance pierre et l'absentéisme est très fréquent.

L'industrie ?
Oui, mais quasi toute privée. Les industries publiques ne fonctionnent pas, aucune maintenance, constructions merdiques parfois non finies avec l'entreprise du bâtiment qui s'enfuit avec l'argent...certaines n'ont même jamais fonctionné.
bref, les industries & entreprises sont détenues par des étrangers et n'injectent rien dans l'économie du pays.

Afflux en masse d'ONG qui pensent bien faire pour le bien des populations.
ça me fait mal de dire ça mais ça bloque aussi le développement. les conditions salariales et de travail sont beaucoup + alléchantes en ONG que dehors sous le cagnard avec une machine à écrire.

Bon, c'est complet décousu mais encore une chose : le secteur informel en masse en afrique... tous n'est que petit boulot à l'arrach. Comment veux-tu construire une économie ou près de 60% de la population travaille en informel ? Pour ça, il faut développer des filières, les organiser, les coordoner, bref, un boulot monstrueux à mettre en place.

J'en reviens au début sur l'urbanisation galopante...il va bien faloir nourrir toute cette nouvelle population qui ne produira pas.....et ç devient méga urgent... retour au développement de l'agriculture, problème n°1.... on tourne un peu en rond....
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 13:20    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

ouatshaout a écrit:
J'entends bien, mais qu'est-ce qui fait qu'encore aujourd'hui l'Afrique est incapable de se prendre en charge et d'exploiter ses richesses ?

l'exemple sur la dette du tiers-monde est la raison la plus flagrante
l'article ci-dessous est édifiant sur le mécanisme implacable:
http://www.lautrecampagne.org/article.php?id=3
bon la suite plus tard j'ai envie de reagir, mais faut que je fasse semblant de bossé!
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2007 - 14:02    Sujet du message: [AFRIQUE] Bal lugubre dans les monarchies africaines Répondre en citant

Pas mal l'article, il s'énerve quand même un peu sur la fin.

Effectivement, j'avais pas pensé à ce levier pervers, mais il n'est actif qu'avec la complicité des Africains au pouvoir.

En tout cas les chiffres annoncés sont énormes.
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